# Que faire dans le sud du Vietnam ?

Le sud du Vietnam s’impose comme une destination de voyage fascinante qui combine histoire coloniale, richesses naturelles exceptionnelles et diversité culturelle. Cette région tropicale s’étend du dynamique Hô Chi Minh-Ville jusqu’aux eaux turquoise du golfe de Thaïlande, en passant par le légendaire delta du Mékong et ses innombrables voies navigables. Contrairement au nord montagneux, le sud présente un relief essentiellement plat ponctué de rizières verdoyantes, de plantations de fruits tropicaux et de mangroves luxuriantes. Avec son climat chaud toute l’année et ses deux saisons bien définies, cette partie méridionale du Vietnam offre des expériences variées : exploration urbaine trépidante, navigation sur les marchés flottants, détente sur des plages idylliques ou randonnées dans des parcs nationaux préservés. Que vous soyez passionné d’histoire, amateur de gastronomie locale ou simple curieux de découvertes authentiques, le sud vietnamien déploie une palette d’activités qui satisfera toutes les envies d’aventure.

## Hô Chi Minh-Ville : exploration du district 1 et du marché Ben Thanh

Hô Chi Minh-Ville, anciennement Saigon, représente le cœur économique pulsant du Vietnam moderne. Cette métropole de plus de 9 millions d’habitants incarne le contraste saisissant entre tradition et modernité : scooters circulant par milliers dans les rues animées, gratte-ciels ultramodernes côtoyant des édifices coloniaux centenaires, temples bouddhistes jouxtant des centres commerciaux contemporains. Le district 1 concentre l’essentiel des attractions touristiques dans un périmètre facilement accessible à pied ou en cyclo-pousse. Le marché Ben Thanh, véritable institution locale depuis 1914, attire quotidiennement des milliers de visiteurs venus découvrir l’artisanat vietnamien, déguster les spécialités culinaires locales ou simplement s’imprégner de l’atmosphère unique de ce lieu emblématique. L’intensité sonore et olfactive du marché crée une expérience sensorielle inoubliable, particulièrement en fin d’après-midi quand la chaleur diminue et que les Saïgonnais affluent pour leurs achats quotidiens. Les étals débordent de fruits tropicaux colorés, tissus soyeux, objets laqués artisanaux et produits gastronomiques typiques comme le nuoc mam ou les galettes de riz. La visite de ce marché traditionnel constitue une immersion authentique dans la vie quotidienne vietnamienne, loin des circuits touristiques formatés.

L’exploration du district 1 révèle progressivement les multiples facettes de cette ville fascinante. Les larges boulevards ombragés, héritage de l’urbanisme français, facilitent les déplacements entre les différents quartiers. Vous remarquerez rapidement l’omniprésence des vendeurs ambulants proposant café, soupes pho fumantes ou banh mi croustillants à chaque coin de rue. Cette gastronomie de rue représente l’âme culinaire de Hô Chi Minh-Ville, accessible financièrement et authentique dans ses saveurs. Le soir venu, la ville change radicalement d’atmosphère : les terrasses se remplissent, la musique résonne depuis les bars et restaurants, tandis que les familles vietnamiennes se promènent le long des quais aménagés. Comment résister à l’effervescence communicative de cette métropole qui ne dort jamais vraiment ? L’énergie collective génère une dynamique entrepreneuriale impressionnante, visible dans les innombrables petits commerces qui prospèrent grâce à l’ingéniosité et au travail acharné de leurs propriétaires.

### Quartier colonial français et rue Dongcolonial français et rue Dong Khoi : architecture et patrimoine historique

Au cœur du district 1, le quartier colonial français concentre les symboles les plus emblématiques du passé indochinois de Saigon. En arpentant la rue Dong Khoi, anciennement rue Catinat, vous remontez littéralement le temps : façades ocre, balcons en fer forgé et persiennes en bois se succèdent, rappelant l’élégance des grandes avenues parisiennes. La Cathédrale Notre-Dame, construite à la fin du XIXe siècle avec des briques importées de Marseille, domine la place centrale par son allure néo-romane. Juste en face, la Poste centrale, attribuée à Gustave Eiffel, impressionne par sa charpente métallique et son vaste hall où se mêlent touristes et habitants venus envoyer colis et lettres.

En poursuivant votre promenade, ne manquez pas l’Opéra municipal au style néo-baroque, le très photogénique Hôtel de Ville (qui ne se visite pas, mais offre un superbe point de vue depuis la place Nguyen Hue) et les anciens hôtels de prestige transformés aujourd’hui en adresses haut de gamme. La rue Dong Khoi, devenue aujourd’hui l’une des artères commerciales les plus chics du sud du Vietnam, associe boutiques de luxe, galeries d’art contemporain et cafés de spécialité. Vous pouvez y faire une pause pour savourer un café glacé vietnamien tout en observant le ballet incessant des scooters, véritable signature urbaine d’Hô Chi Minh-Ville. Pour ressentir pleinement l’atmosphère, privilégiez une balade en fin de journée, lorsque la lumière dorée met en valeur les façades coloniales et que la rue s’anime encore davantage.

Palais de la réunification et musée des vestiges de guerre : témoignages de l’époque indochinoise

À quelques minutes à pied de Dong Khoi, le Palais de la Réunification constitue une étape incontournable pour comprendre l’histoire contemporaine du Vietnam. Ancien palais présidentiel du Sud-Vietnam, ce bâtiment moderniste des années 1960 est resté figé dans le temps depuis la chute de Saigon le 30 avril 1975. Salles de réception, tunnels souterrains, salle de commandement et hélicoptère sur le toit : chaque pièce raconte un fragment de la guerre et de la division du pays. La visite, généralement accompagnée d’un audioguide ou d’un guide local francophone, permet de replacer ces événements dans le contexte plus large de la guerre froide et de l’époque indochinoise.

Non loin de là, le Musée des Vestiges de Guerre offre une plongée beaucoup plus frontale dans la réalité du conflit. Expositions photographiques, témoignages de victimes de l’agent orange, vestiges d’armement lourd et reconstitution de prisons illustrent les conséquences humaines et environnementales de la guerre du Vietnam. La visite peut être émotionnellement éprouvante, mais elle reste essentielle pour qui souhaite dépasser l’image carte postale du sud vietnamien. Nous vous recommandons de prévoir au moins deux heures et d’y aller le matin, quand l’affluence est moindre et la chaleur plus supportable. En sortant, accordez-vous un moment de pause dans un café voisin pour digérer ces informations et échanger vos impressions : voyager dans le sud du Vietnam, c’est aussi confronter son regard à cette mémoire encore vive.

Tunnels de cu chi : circuit souterrain du réseau viet cong

À environ 70 kilomètres au nord-ouest d’Hô Chi Minh-Ville, les tunnels de Cu Chi complètent parfaitement la compréhension de la guerre abordée en centre-ville. Ce vaste réseau souterrain, long de plus de 250 kilomètres à son apogée, fut creusé à la main par les combattants Viet Cong dès la période coloniale française puis intensifié pendant la guerre américaine. Aujourd’hui, deux sites principaux se visitent (Ben Dinh et Ben Duoc), chacun présentant des tronçons élargis de tunnels adaptés aux visiteurs. Vous pouvez y pénétrer par de petites trappes dissimulées au sol, marcher accroupi sur quelques dizaines de mètres et ressentir, même brièvement, les conditions de vie extrêmement difficiles que connaissaient les combattants.

Au-delà de l’expérience physique, la visite des tunnels de Cu Chi permet de mesurer l’ingéniosité logistique déployée : ventilation discrète, cuisines à fumée filtrée, hôpitaux de fortune, dépôts d’armes et réseaux de communication internes. Les guides, souvent très pédagogues, expliquent en détail les techniques de camouflage et la stratégie de guérilla qui ont déconcerté les armées conventionnelles. Pour profiter au mieux de cette excursion, partez tôt le matin afin d’éviter les foules et la chaleur de midi, et prévoyez des vêtements légers, faciles à salir. Si vous êtes sujet à la claustrophobie, rien ne vous oblige à descendre dans les tunnels, l’essentiel des explications se faisant en surface, au milieu de la forêt reconstituée.

Pagode de l’empereur de jade et temple de thien hau : sanctuaires bouddhistes et taoïstes

Loin des gratte-ciels et des artères commerciales, Hô Chi Minh-Ville dévoile aussi une dimension spirituelle profonde à travers ses nombreux temples. La pagode de l’Empereur de Jade (Ngoc Hoang), située dans le district 1 élargi, est l’un des sanctuaires taoïstes les plus vénérés de la ville. Construite au début du XXe siècle par la communauté cantonaise, elle se distingue par ses sculptures en bois, ses bas-reliefs et son atmosphère mystique enveloppée de fumées d’encens. À l’intérieur, des fidèles viennent prier pour la prospérité, la fertilité ou la protection, glissant des offrandes devant les autels surchargés de statuettes.

Dans le quartier chinois de Cholon, à une quinzaine de minutes en taxi du centre, le temple de Thien Hau rend hommage à la déesse de la Mer, protectrice des marins et des commerçants. Les toits décorés de céramiques colorées, les spirales d’encens suspendues et les lanternes rouges créent un univers visuel saisissant, surtout en fin d’après-midi lorsque la lumière rasante accentue les reliefs. Vous pouvez combiner cette visite avec une balade au marché de Binh Tay voisin pour découvrir la vie quotidienne de la plus grande communauté chinoise du sud du Vietnam. Prenez le temps d’observer les gestes des pratiquants, la façon dont ils allument l’encens, déposent fruits ou fleurs, et murmurent leurs prières : ces scènes, parfois plus parlantes qu’un long discours, offrent une fenêtre précieuse sur la religiosité populaire vietnamienne.

Delta du mékong : navigation fluviale entre cai be, vinh long et can tho

À quelques heures de route au sud d’Hô Chi Minh-Ville, le delta du Mékong forme un immense labyrinthe aquatique où la vie s’organise depuis des siècles autour de l’eau. Entre Cai Be, Vinh Long et Can Tho, vous découvrez un Vietnam rural, rythmé par les crues, les récoltes et les échanges sur les canaux. Les bateaux deviennent à la fois moyen de transport, lieu de travail et parfois même habitat. Passer au moins une nuit sur place, que ce soit en maison d’hôtes ou à bord d’un bateau de croisière, permet de ressentir le tempo particulier de cette région surnommée le « grenier à riz » du pays.

Les itinéraires classiques au départ de Saigon combinent souvent une première halte à Cai Be ou My Tho, avant de poursuivre vers Vinh Long puis Can Tho. En chemin, vous naviguez sur des bras plus ou moins larges du fleuve, traversez des vergers où poussent mangues, ramboutans, fruits du dragon et durians, et faites escale dans de petites fabriques familiales (galettes de riz, bonbons à la noix de coco, alcool de riz parfumé). Vous vous demandez comment choisir entre une excursion d’une journée et un circuit sur deux ou trois jours ? Pour une immersion réelle dans le delta du Mékong, privilégiez au minimum une nuit sur place : c’est au lever du soleil, quand la brume effleure encore les palmes de cocotiers, que la magie opère vraiment.

Marché flottant de cai rang à can tho : commerce traditionnel sur embarcations

Capitale informelle du delta, Can Tho est le point de départ idéal pour visiter le célèbre marché flottant de Cai Rang. Situé à environ 6 kilomètres du centre-ville, ce marché de gros s’anime dès l’aube, lorsque des dizaines de bateaux chargés de fruits, de légumes et de riz convergent vers le même point du fleuve. Chaque embarcation accroche en haut d’un mât les produits qu’elle vend (ananas, pastèques, patates douces…), une méthode de signalisation simple et ingénieuse. Les petits bateaux des acheteurs viennent alors se coller aux plus grands pour marchander et transborder la marchandise.

Pour profiter du marché flottant de Cai Rang dans les meilleures conditions, il est conseillé de partir vers 5h30–6h du matin depuis l’embarcadère de Ninh Kieu. La lumière douce, l’activité intense et les odeurs de soupe fumante préparée sur les barques-cantines créent une scène presque irréelle. Même si le nombre de bateaux a diminué ces dernières années en raison du développement des routes, l’expérience reste authentique et permet de comprendre comment se structure l’économie locale. Après la visite du marché, les excursions incluent généralement une balade sur des canaux secondaires plus calmes et une halte dans un verger pour déguster des fruits fraîchement cueillis.

Île de la licorne à my tho : artisanat local et vergers tropicaux

À My Tho, porte d’entrée du delta depuis Hô Chi Minh-Ville, les quatre îles portant des noms mythologiques (Licorne, Dragon, Phénix, Tortue) sont devenues des escales classiques pour une première découverte du Mékong. L’île de la Licorne, en particulier, concentre vergers, ateliers artisanaux et petites maisons traditionnelles disséminées le long des canaux. Une fois débarqué, vous circulez à pied ou en calèche entre les jardins de fruits tropicaux où poussent longanes, pamplemousses et jacquiers, avec la possibilité de goûter directement sur place.

Les ateliers locaux proposent la fabrication de bonbons à la noix de coco, de miel ou de produits à base de riz, souvent accompagnée d’une petite démonstration. Vous pouvez également embarquer sur de petits sampans à rame pour glisser lentement sur des arroyos ombragés, bordés de palmiers d’eau. Certes, ce type d’excursion est plus fréquenté et un peu plus touristique que d’autres zones plus reculées du delta du Mékong, mais il offre une excellente introduction pour un premier séjour dans le sud du Vietnam. Pour profiter de moments plus calmes, n’hésitez pas à demander à votre guide de privilégier des horaires en dehors des pics de fréquentation ou de combiner My Tho avec un séjour à Ben Tre, plus authentique.

Villages de pêcheurs de chau doc : écosystème aquatique et fermes piscicoles

Plus au nord-ouest, à la frontière cambodgienne, Chau Doc offre une autre facette du delta, marquée par la cohabitation de communautés vietnamiennes, cham et khmères. La ville est célèbre pour ses maisons flottantes et ses fermes piscicoles installées sous les habitations. Les poissons, principalement du pangasius, sont élevés dans des cages immergées directement dans le courant du Mékong, permettant un approvisionnement constant en eau. En visitant ces fermes, vous découvrez un modèle d’aquaculture adapté aux contraintes du milieu fluvial et essentiel à l’économie du sud du Vietnam.

Les villages cham, majoritairement musulmans, se distinguent par leurs mosquées, leurs maisons sur pilotis et leurs métiers à tisser traditionnels. Une balade en bateau le long des rives, ponctuée de haltes dans ces villages, permet de saisir la diversité culturelle de cette région frontalière. En toile de fond, les rizières s’étendent à perte de vue, ponctuées de palmiers à sucre qui rappellent davantage le Cambodge que le Vietnam côtier. Chau Doc constitue également un point de départ pratique pour poursuivre votre voyage vers Phnom Penh en bateau rapide, une façon poétique de prolonger la découverte du Mékong au-delà des frontières vietnamiennes.

Forêt de cajeputiers de tra su : réserve ornithologique en sampan

À une trentaine de kilomètres de Chau Doc, la forêt inondée de Tra Su est l’un des joyaux écotouristiques du sud du Vietnam. Cette réserve de cajeputiers s’étend sur près de 850 hectares et abrite plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux, ainsi que de nombreux reptiles et amphibiens. La visite se fait en deux temps : d’abord à bord d’un bateau à moteur sur les canaux principaux, puis en petite barque à rame sur des bras plus étroits recouverts de lentilles d’eau d’un vert éclatant. Vous avez alors l’impression de glisser sur un tapis végétal, dans un silence seulement troublé par le chant des oiseaux.

Tra Su se révèle particulièrement magique pendant la saison des crues (septembre à novembre), lorsque le niveau de l’eau est au plus haut et que la canopée se reflète parfaitement dans la surface du marais. Des passerelles surélevées et une tour d’observation permettent également de profiter d’une vue panoramique sur la forêt et les champs environnants. Si vous êtes passionné de photographie ou d’ornithologie, prévoyez plusieurs heures sur place et, idéalement, une arrivée tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière est plus douce et que l’activité animale est à son maximum.

Littoral de mui ne et phan thiet : dunes de sable rouge et activités nautiques

À environ 4 à 5 heures de route d’Hô Chi Minh-Ville, la région de Mui Ne et Phan Thiet offre un contraste saisissant avec les paysages verdoyants du delta du Mékong. Ici, le littoral du sud du Vietnam prend des allures de désert côtier, avec de vastes dunes de sable, des plages ventées et des villages de pêcheurs colorés. Longtemps destination de prédilection des expatriés et des kitesurfeurs, Mui Ne s’est dotée d’une large gamme d’hébergements, du bungalow simple aux resorts de luxe. Pourtant, il suffit de s’éloigner légèrement de la zone la plus urbanisée pour retrouver des plages plus calmes et des points de vue spectaculaires sur la baie.

Phan Thiet, la ville principale, reste un port de pêche actif où les barques rondes traditionnelles (thung chai) se balancent sur les vagues au petit matin. C’est également un excellent point de chute pour goûter aux spécialités de fruits de mer du sud du Vietnam, souvent servies simplement grillées avec sel, citron vert et piment. Que vous soyez fan de sports nautiques, de paysages insolites ou de farniente, la région de Mui Ne constitue une étape idéale pour combiner découverte et détente après quelques jours passés à explorer le delta du Mékong ou Hô Chi Minh-Ville.

White sand dunes et red sand dunes : géomorphologie désertique côtière

Les White Sand Dunes (dunes blanches) et les Red Sand Dunes (dunes rouges) sont les deux sites emblématiques de Mui Ne. Les premières, situées une vingtaine de kilomètres au nord-est de la station, dessinent un paysage presque saharien, avec de hautes collines de sable clair coupées par un petit lac intérieur. Au lever du soleil, quand la lumière rase souligne les courbes délicates des dunes, l’endroit prend une dimension presque irréelle. De nombreux voyageurs comparent cette expérience à une immersion dans un désert miniature posé à la lisière de l’océan.

Les dunes rouges, plus proches du centre de Mui Ne, se visitent volontiers en fin de journée pour profiter du contraste entre la couleur ocre du sable et le ciel qui rosit. Des enfants du village proposent souvent de petites planches en plastique pour dévaler les pentes : l’activité reste bon marché et amusante, mais pensez à convenir du prix avant de commencer. Pour limiter l’impact sur ce fragile environnement côtier, nous vous conseillons d’éviter les sorties en quad sur les dunes et de rester sur les zones déjà fréquentées. Une exploration à pied, un peu plus lente, permet aussi de mieux apprécier la géomorphologie de ces dunes façonnées par les vents marins.

Ruisseau des fées (fairy stream) : canyon miniature et formations rocheuses

Le Ruisseau des Fées (Suoi Tien) est un autre site surprenant du sud du Vietnam, souvent sous-estimé par les voyageurs pressés. Il s’agit d’un petit cours d’eau peu profond qui serpente au pied d’un canyon de sable et de roche, sculpté par l’érosion. Vous remontez le ruisseau pieds nus, l’eau ne dépassant généralement pas la cheville, entouré de falaises aux teintes allant du blanc au rouge vif. L’ensemble évoque une version miniature de certains paysages de l’Ouest américain, transposés en bord de mer.

La balade dure environ une heure aller-retour et peut se faire en autonomie, même avec des enfants. Pour profiter pleinement du calme et de la lumière, privilégiez les premiers ou les derniers instants de la journée, en évitant les heures les plus chaudes. Pensez à emporter un petit sac étanche pour vos effets personnels et à respecter les zones signalées comme fragiles, car la roche, essentiellement composée de sable consolidé, se délite facilement. Ce site, à la fois ludique et esthétique, offre une pause agréable entre deux sessions de plage ou de kitesurf.

Kitesurf et planche à voile sur la baie de mui ne : conditions météorologiques optimales

Mui Ne est considérée comme l’un des meilleurs spots de kitesurf et de planche à voile d’Asie du Sud-Est. De novembre à avril, la mousson du nord-est génère des vents réguliers de 15 à 25 nœuds, créant des conditions idéales pour la pratique de ces sports de glisse. La baie, relativement bien protégée, offre différentes zones adaptées au niveau de chacun : sections plus calmes pour les débutants proches du rivage, et vagues plus consistantes au large pour les kitesurfeurs expérimentés. De nombreuses écoles certifiées IKO ou VDWS proposent des cours encadrés en français ou en anglais, avec tout le matériel nécessaire.

Si vous débutez, nous vous recommandons de réserver un pack de plusieurs heures pour progresser dans de bonnes conditions de sécurité. Les plus aguerris peuvent louer du matériel à la journée et profiter des conseils locaux pour identifier les meilleurs moments de vent. En fin d’après-midi, lorsque la lumière dorée se reflète sur les ailes colorées et que la plage se remplit de silhouettes en combinaisons, l’ambiance rappelle certains grands spots méditerranéens, avec en prime une température de l’eau avoisinant les 27–29 °C. Un atout considérable pour un séjour sportif dans le sud du Vietnam.

Archipel de con dao : parc national marin et sites historiques pénitentiaires

À quelque 230 kilomètres au large de Vung Tau, l’archipel de Con Dao reste l’une des destinations les plus préservées du sud du Vietnam. Composé de 16 îles, dont Con Son est la principale, ce territoire est classé parc national terrestre et marin. Les eaux cristallines abritent plus de 300 espèces de coraux et une faune exceptionnelle, dont des tortues marines qui viennent pondre sur certaines plages protégées. De mars à septembre, les conditions de mer sont généralement optimales pour le snorkeling et la plongée, avec une visibilité pouvant atteindre 20 mètres.

Mais Con Dao, c’est aussi un lieu de mémoire puissant. De la période coloniale française jusqu’aux années 1970, l’île principale abrita un bagne redouté, où furent détenus des milliers de prisonniers politiques. Les vestiges des prisons, notamment les terribles « cages à tigres », se visitent aujourd’hui et rappellent la brutalité du système carcéral d’Indochine. Le cimetière de Hang Duong, où reposent de nombreux anciens prisonniers, est un lieu de recueillement majeur pour les Vietnamiens. Cette double identité – paradis naturel et site historique douloureux – donne à Con Dao une atmosphère unique, à la fois apaisante et chargée d’émotion.

Sur le plan pratique, l’archipel est accessible en avion depuis Hô Chi Minh-Ville, Can Tho ou parfois directement depuis Hanoi, avec des vols opérés par des compagnies locales. Le nombre d’hébergements reste limité par rapport à Phu Quoc, ce qui garantit une certaine tranquillité, mais implique de réserver en avance, surtout en haute saison. Si vous cherchez une île encore sauvage, loin des foules, pour terminer votre périple dans le sud du Vietnam, Con Dao est sans doute l’une des meilleures options.

Phu quoc : plages de sao beach et long beach, parc national subtropical

Située dans le golfe de Thaïlande, à proximité des côtes cambodgiennes, Phu Quoc est la plus grande île du Vietnam et l’un des hauts lieux balnéaires du pays. Ses atouts sont nombreux : plages de sable blanc, eaux turquoise, reliefs couverts de forêt tropicale et infrastructures touristiques de plus en plus développées. Long Beach, sur la côte ouest, s’étire sur près de 20 kilomètres et concentre une grande partie des hôtels, restaurants et bars de l’île. C’est également le spot idéal pour admirer des couchers de soleil spectaculaires, un verre à la main, les pieds dans le sable.

Au sud-est, Sao Beach est souvent considérée comme la plus belle plage de Phu Quoc, avec son sable d’un blanc presque farineux et son eau peu profonde aux nuances de bleu laiteux. Malgré une fréquentation croissante, elle conserve un cadre paradisiaque, surtout en dehors des week-ends et des vacances locales. L’intérieur de l’île est quant à lui largement couvert par un parc national subtropical abritant une biodiversité riche, avec des sentiers de randonnée, des cascades et des pistes de VTT. En combinant ces différents paysages, Phu Quoc offre un condensé de ce que le sud du Vietnam a de mieux à proposer en matière de séjour balnéaire.

Snorkeling aux îles an thoi : récifs coralliens et biodiversité marine

Au large de la pointe sud de Phu Quoc, l’archipel d’An Thoi regroupe une quinzaine de petites îles inhabitées ou très peu peuplées. C’est ici que l’on trouve certains des plus beaux spots de snorkeling du sud du Vietnam. Les excursions, généralement d’une journée, incluent plusieurs arrêts pour nager au-dessus de récifs coralliens habités par une multitude de poissons tropicaux : poissons-perroquets, demoiselles, poissons-anges et parfois même tortues. L’eau, d’un bleu intense, offre une bonne visibilité pendant la saison sèche, de novembre à avril.

Pour choisir votre sortie, privilégiez les opérateurs qui limitent la taille des groupes et affichent des engagements clairs en matière de protection de l’environnement (pas de nourrissage des poissons, pas de remontée de coraux, gestion des déchets). Certains proposent également du kayak ou du stand-up paddle dans les criques abritées, pour une exploration plus silencieuse des côtes. Si vous êtes plongeur breveté, vous pourrez opter pour une croisière plongée à la journée avec 2 ou 3 immersions guidées. Dans tous les cas, n’oubliez pas un t-shirt anti-UV ou une combinaison légère : sous ces latitudes, le soleil du sud du Vietnam peut être particulièrement intense en surface.

Plantation de poivre de khu tuong : culture agricole traditionnelle

Outre ses plages, Phu Quoc est réputée dans tout le Vietnam pour son poivre de grande qualité. Les plantations de Khu Tuong, au nord de l’île, se visitent facilement en scooter ou en voiture avec chauffeur. Les rangées de poivriers, grimpant le long de tuteurs en bois, dessinent un paysage ordonné qui contraste avec la forêt environnante. Les producteurs locaux expliquent les différentes étapes de la culture, de la plantation à la récolte, ainsi que la distinction entre poivre vert, noir, rouge et blanc, essentiellement liée au degré de maturité et au mode de séchage.

Cette visite agricole, souvent couplée avec une halte dans une fabrique de nuoc mam, permet de mieux comprendre l’économie rurale de Phu Quoc, encore très liée à la terre et à la mer. Vous pouvez acheter sur place des sachets de poivre de Phu Quoc à ramener en souvenir ou à offrir, en veillant à respecter les quantités autorisées par votre compagnie aérienne. En cuisine, ce poivre au parfum puissant et légèrement sucré relèvera à merveille vos plats une fois de retour chez vous, prolongeant ainsi l’expérience sensorielle de votre voyage dans le sud du Vietnam.

Marché nocturne de duong dong : gastronomie locale et produits de la mer

À la tombée de la nuit, le marché nocturne de Duong Dong devient l’un des lieux les plus animés de l’île. Situé non loin du port, il aligne sur plusieurs centaines de mètres des stands de fruits de mer, de brochettes, de glaces artisanales et de souvenirs en tout genre. Vous pouvez y choisir directement poissons, crabes, calamars ou coquillages sur les étals de glace, puis demander leur cuisson selon vos préférences (grillé, sauté à l’ail, en hotpot…). Les prix sont généralement affichés au kilo, mais n’hésitez pas à clarifier le tarif avant de commander pour éviter les mauvaises surprises.

Au-delà de la dégustation, le marché nocturne offre un excellent observatoire de la sociabilité insulaire : familles en promenade, groupes d’amis, voyageurs étrangers et vendeurs échangent dans un brouhaha bon enfant. C’est aussi l’endroit parfait pour tester quelques desserts typiques du sud du Vietnam, comme les che (desserts à base de lait de coco et de haricots) ou les jus de fruits fraîchement pressés. Si vous préférez une ambiance plus calme, installez-vous en terrasse dans l’une des ruelles adjacentes, d’où vous pourrez observer l’agitation du marché tout en profitant d’un peu plus d’espace.

Vung tau : station balnéaire et christ rédempteur du mont nho

À seulement deux heures de route ou d’hydroglisseur d’Hô Chi Minh-Ville, Vung Tau est la station balnéaire de proximité des Saïgonnais. Anciennement appelée Cap Saint-Jacques à l’époque coloniale, la ville s’étire sur une péninsule entourée par la mer de Chine méridionale. Ses différentes plages – Bai Truoc (plage avant), Bai Sau (plage arrière), Bai Dua ou encore Bai Dau – offrent chacune une ambiance spécifique, de la plus familiale à la plus sauvage. Même si Vung Tau n’a pas la beauté tropicale de Phu Quoc ou de Con Dao, elle séduit par son authenticité, sa promenade en front de mer et ses restaurants de fruits de mer à prix raisonnables.

Le symbole le plus marquant de la ville reste cependant la statue du Christ Rédempteur, perchée au sommet du mont Nho. Haute de 32 mètres, elle domine la baie et rappelle immanquablement le Christ de Rio de Janeiro. Pour y accéder, il faut gravir un escalier de plus de 800 marches, bordé de frangipaniers et de petites stations religieuses. L’ascension, un peu sportive, est largement récompensée par la vue panoramique sur Vung Tau, ses plages et les îlots voisins. Les plus motivés peuvent même monter à l’intérieur de la statue, jusque dans les bras, par un étroit escalier en colimaçon.

Vung Tau constitue une excellente option si vous disposez de peu de temps mais souhaitez malgré tout goûter à l’ambiance balnéaire du sud du Vietnam. C’est aussi une étape intéressante pour observer la vie quotidienne d’une ville côtière vietnamienne, loin des circuits purement touristiques. Entre baignade matinale au milieu des locaux, dégustation de hotpot de poisson et balade au coucher du soleil le long de la corniche, vous trouverez facilement de quoi remplir une ou deux journées avant de reprendre la route vers Hô Chi Minh-Ville ou plus au sud.